Le blog

Design automobile
Antoine Parasie
|
Designer industriel
26/3/2020

Bonjour Antoine, quelques-mots sur ton parcours de designer ?

Ayant eu dès le lycée un attrait pour le monde automobile,j’ai intégré le Bachelor Design de transport de l’ISD Rubika à Valenciennes pour pouvoir continuer dans cette voie et donner libre court à mon imagination. Par la suite j’ai intégré le Master Design numérique pour acquérir un profil transversal et pouvoir intervenir sur de nombreux domaines faisant appel au modelage 3D.

Durant ces 5 ans, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs stages dans le monde automobile, notamment auprès du constructeur suisse Protoscar, spécialiste des voitures électriques. J’ai ainsi eu l’occasion de travailler sur leur concept-car Lampo, présenté au Salon de Genève 2009. C’est également cette expérience qui m’a donné le virus de l’entrepreneuriat.

Par la suite, étant intéressé par les transports en commun et souhaitant sortir de la bulle du design, j’ai effectué un Master de Recherche à l’Université de Technologie de Compiègne. Au travers de 2 stages, j’y ai découvert le monde de l’ingénierie, du management de projet, de la préproduction automobile sur fond des premiers balbutiements de la voiture électrique et autonome.

C’est donc naturellement que mon mémoire de fin d'étude s’est porté sur le sujet de l’éco-conception du véhicule électrique.

J’ai ensuite réalisé quelques missions pour Faurecia et l’agence Diedre Design avant d’être embauché en Allemagne chez l’équipementier Edag. J’y ai passé 5 ans en intervenant sur la modélisation 3D intérieure et extérieure de nombreux concept car pour Volkswagen, Open et Honda.

Depuis 2017, je me suis lancé en tant que designer freelance et ai eu l’opportunité de travailler, entre autres, pour Hyundai, Nissan, BMW, ainsi que d’accompagner plusieurs startups sur des projets de création automobile.

Comment te définirais-tu en tant que designer ? Quelles sont tes forces, tes singularités ?

J’ai toujours souhaité cultiver ma polyvalence, par volonté d’ouverture et l’envie d’aller au fond des choses, de comprendre les différents métiers autour du design.

J’aime également aller à la rencontre des gens et m’immerger dans des contextes multiculturels comme j’ai pu le faire pendant mes différents stages ou depuis que je travaille en Allemagne.

Quelles différences as-tu pu noter entre la France et l'Allemagne ?

Les allemands, ils sont dans l’amélioration continue, dans la persévérance. Ils maîtrisent les process industriels et lorsqu’il faut faire évoluer un modèle, comme la Volkswagen Polo par exemple, ils vont être dans l’optimisation par rapport à l’existant. Ils ne vont pas tout remettre à plat à chaque fois, c’est vraiment leur force.

Les français, quant à eux, sont plus créatifs, ils osent plus et prennent plus de risque sur les modèles qu’ils créent.

Sur quels enjeux futurs le design et les designers pourraient-ils apporter des réponses ?

Je pense qu’il y a effectivement les enjeux environnementaux qui sont de plus en plus à intégrer mais ils doivent aller de pair avec une manière de fonctionner ensemble. Travailler à acquérir plus de flexibilité, de résilience me semble la clé pour changer nos habitudes et en créer de nouvelles pour vivre dans un monde plus durable.

Cette conduite du changement doit aussi être capable de proposer aux générations futures un cadre de travail bienveillant, de nouvelles réflexions sur le modèle de l’entreprise. Le design, au travers du design de service par exemple, peut contribuer à trouver ces solutions pour repenser nos modes de travail, réfléchir au télétravail, à la collaboration et lutter contre les effets négatifs que nous vivons avec cette crise du Covid.

Il y a aussi de forts enjeux futurs en terme mobilité, qu’est-ce qu’il se passe si on ne conduit plus sa voiture ? Quelle expérience créer pour la conduite autonome ? A toutes ces questions, le design pourra y apporter des éléments de réponse.

Pour finir, sur quel projet rêverais-tu de travailler ?

Je rêverai d’être chef d’entreprise dans le domaine de l’automobile,de la mobilité.


Focus sur 3 projets d'Antoine :

1. Elixir, une nouvelle voiture pour l'auto-partage

Quel était le contexte de ce projet ?

Elixir est une startup qui développe un concept de voiture destinée à l’auto-partage. L’idée était de partir d’une base de Renault Zoé et de la faire évoluer pour y intégrer, au tableau de bord, l’interface garantissant l’individualisation de l’expérience utilisateur pour chaque conducteur.

Il fallait également amener des évolutions sur la carrosserie extérieure pour inscrire la Renault Zoé initiale dans les codes de la marque.

Comment s'est déroulé le développement ?

Mon travail s’est déroulé en 2 phases. Dans un premier temps, j’ai fait une analyse de l’existant pour définir le cadre et les limites des évolutions possibles. Puis j’ai fait des propositions créatives et techniques pour faire évoluer la Renault Zoé initiale. Par exemple, la solution trouvée pour modifier l’intérieur a été de remplacer le tableau de bord d’origine par de demi-tableau de bord passager pour casser les codes trop conventionnels de l’automobile.

Il y a ainsi un vrai effet de surprise quand on entre dans la voiture, avec à la place du tableau de bord traditionnel, un écran qui permet de rendre l’expérience unique pour chacun.

Pour l’extérieur, il y avait vraiment un vrai challenge d’optimisation du coût et du temps en rationalisant les pièces à modifier et leurs nombres. Pour répondre à cet enjeu, je me suis concentré sur les pièces plastiques, notamment celles du bouclier, pour changer l’habillage de la voiture de façon simple et abordable. L’ajout d’un covering et d’éléments graphiques rappelant le logo de l’entreprise a aussi été une façon de donner une identité propre à ce modèle, qui est aujourd’hui en cours de fabrication.

2. Design intérieur pour Mini-BMW

Comment s'est déroulé ce projet ?

Pour ce projet, je suis intervenu en tant que modeleur 3D chez Mini-BMW pour la réalisation de pièces intérieures. C’était un travail conjoint avec le designer qui m’indiquait les orientations à suivre pour chaque élément, de la pièce globale du tableau de bord à tous les petits détails qui le composent.

Nous étions 3 modeleurs et l’enjeu était donc de réussir à garder une cohérence, une harmonie de style entre chaque pièce, quand l’un travaillait sur la porte, l’autre sur le tableau de bord et le troisième sur laconsole.

Ensuite, au fur et à mesure que le projet avance, le modèle 3D évolue pour intégrer plus d’éléments techniques et leurs contraintes industrielles. Il y a aussi de nombreuses normes de sécurité à prendre en compte, notamment au niveau des arrondis d’arêtes qui ne doivent pas être dangereuses en cas de choc.

Par souci d’économie, toutes les petites pièces chères à produire, comme les boutons, proviennent de pièces existantes et ne sont pas dessinées exclusivement pour le modèle.

3. Intervention à l'école de design ISD Rubika

Comment se déroulent ces interventions ?

L’accompagnement et la formation me tenant à cœur, j’interviens depuis 2020 auprès d’étudiants de l’ISD Rubika pour les aider dans un de leurs projets personnels. L’objectif est de les amener à faire le lien entre ce qu’ils veulent, leurs propres parcours personnels et leurs futurs métiers.

Au travers de rendez-vous individuel où les étudiants viennent avec la présentation de leurs projets, je les coache de façon personnalisée en leurs faisant part de mon expérience, de ce que j’ai pu observer, vivre comme designer freelance ou intégré en entreprise.

Antoine Parasie
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