Le blog

Couleur, matières et finitions en design
Diane Serant
|
Produc Designer
9/5/2021

Après une formation multiculturelle au design produit et un passage au pays du design scandinave, Diane s'est progressivement spécialisée avec talent dans le CMF design chez SEB, soit le travail expert du design sur les couleurs, les matières et les finitions des produits. D'apparence anodine pour le néophyte, c'est en réalité un aspect essentiel de la qualité, de la perception des produits et éléments d'expression tangible de leur positionnement dans l'univers de marque dont ils font partie. Un élément déterminant dans le succès d'un produit, car les détails de finition peuvent faire toute la différence.

Bonjour Diane, quelques-mots sur ton parcours de designer ?

J’ai fait un BTS design produit à l’école Bellecour de Lyon puis j’ai effectué mes 2 ans de Master à l’Oslo School of Architecture and Design où j’ai pu approfondir mes connaissances en design produit, éco-design et design management.

Après mon diplôme j’ai travaillé chez SEB, où j’avais déjà fait 2 stages pendant mon BTS, en tant qu'Industrial Designer, puis un contrat en tant que Product Graphic Designer qui fait le lien entre le marketing, les maquettistes et la production en travaillant sur les plans de marquage, la gestion des couleurs et du graphisme des produits. Aujourd’hui, j’y travaille encore en tant que free-lance, directement avec le pôle CMF (Couleur, Matière et Finitions) pour y assister la design manager. J’avais déjà une sensibilité au niveau des couleurs, des matières, mais c’est vraiment sur ce poste que j’ai fait mes armes dans ce domaine. A côté, j’essaye également de développer les thématiques de l’art et du zéro déchet qui me tiennent à cœur.

Comment définirais-tu le CMF (couleur, matière et finitions)?

Une fois que le designer produit a réalisé un produit, le CMF designer vient y apposer le graphisme, les couleurs et la signalétique pour l’adapter à l’identité de la marque et du marché sur lequel il sera vendu. Dans le cadre des produits d’une même gamme, c’est aussi rechercher une cohérence de gamme, une identité en positionnement des produits entre eux.

Il y a aussi de forts enjeux autour de la signalétique pour faire comprendre simplement le fonctionnement du produit aux utilisateurs, mettre en place des codes qui peuvent être typiques à la marque ou relever de la reconnaissance collective. Pour une bouilloire par exemple, le rouge sera associé au chaud et le bleu au froid.

Comment te définirais-tu en tant que designer ? Quelles sont tes forces, tes singularités ?

J’essaye d’être toujours dans la remise en question pour proposer des produits qui soient les plus holistiques possibles, en prenant en compte les besoins des utilisateurs, les enjeux de l’entreprise, mais aussi les aspects écologiques et éthiques.

Selon toi, qu'apporte le designer en travaillant avec d’autres métiers ?

En travaillant au quotidien avec le service marketing et des ingénieurs, je pense que le ou la designer peut apporter de vrais arguments tangibles lorsque l’on travaille sur un nouveau produit. De l’expérience que j’en ai chez SEB, le marketing peut souhaiter pousser leurs propres visions, avoir le dernier mot, sans argumentation réelle, en oubliant de se mettre à la place des utilisateurs finaux, de se questionner sur ce qu’ils souhaitent vraiment.

Au niveau de la technique et du travail avec des ingénieurs, le design permet aussi d’harmoniser les propositions, de faire la synthèse entre la forme et la fonction.

Sur quels enjeux futurs le design et les designers pourraient apporter des réponses ?

Le design doit permettre de penser des produits de meilleure qualité, concevoir avec des matériaux plus bruts, réparables, pour créer des objets qui servent et qui améliorent la qualité de vie du plus grand nombre.

Pour finir, sur quel projet rêverais-tu de travailler ?

Pouvoir travailler sur une commande de design en scénographie, monter des scènes pour des festivals, apporter du rêve. J’aimerais également pouvoir intervenir sur un projet, quel qu’il soit, avec une forte valeur éthique.


Focus sur 2 projets de Diane :

1. Refonte des centrales vapeur SEB

Quels sont les enjeux d’une refonte de gamme comme celle-ci ?

Sur ce projet, l’enjeu était en partant d’un produit existant de créer une gamme avec un effet de montée de gamme entre tous les modèles. Je me suis donc inspirée d’une gamme que nous avions lancée sur les fers à repasser pour conserver une cohérence, une harmonie inter-produit. C’est une base pour décider ce qu’il faut garder ou changer, les éléments sur lesquels on peut jouer, et donc ce que sera notre cahier des charges.

CMF Design pour le Fer-vapeur Rowenta Pro Master

Une fois ces éléments définis, on travaille les couleurs, l’association des matériaux, les signes distinctifs pour à la fois différencier chacun des produits, leur donner une identité propre, une qualité perçue en cohérence avec leurs positionnements tout en les intégrant dans une gamme identifiée.

En fonction du marché sur lesquels sont proposés les produits, il y a aussi un travail sur les codes culturels attendus par les clients. Ainsi, le fer à destination de l’Italie a son manche non pas en plastique, mais en liège, tandis que les produits destinés au marché américains sont beaucoup plus clinquants et chromés que ceux destinés au marché européen.

Pour s’inspirer et déceler les signaux faibles des prochaines modes, on réalise également de nombreuses planches de tendances pour nourrir le design formel, le CMF, les univers de marque.

Pour un même produit, plusieurs combinaisons de couleurs, matières, finitions sont proposées.

2. Poopoopidou, projet pour réinventer les couches jetables

Tu présentes ton projet de Master, peux-tu nous en donner le contexte ?

Pour ce projet, je me suis intéressée au sujet des couches jetables qui représentent 30 % des déchets non biodégradables dans le monde, et à leurs pendants lavables et réutilisables qui apportent de nombreux avantages pour la santé, la pollution, mais aussi en termes de prix.

Planche de tendances et d'inspiration pour le projet Poopoopidou

Je me suis alors demandé :

Comment aider les crèches à adopter ce type de couches ?

Quelle solution as-tu proposée ?

En allant voir plusieurs crèches en France, je me suis rendu compte qu’il existait des tailles de crèches très variables, certaines à gros effectif avec 40 enfants, des plus petites et d'autres déjà tournées vers le zéro déchet. Elles sont toutes soumises à des normes sanitaires strictes et doivent souvent composer avec des espaces restreints pour les parties cuisines et salles d'eau J’ai donc voulu proposer un produit permettant de faciliter le lavage des couches réutilisables pour aider simplement les crêches à faire la transition vers les couches lavables au lieu de celles jetables.

Pour développer ce concept, je me suis inspirée des produits utilisés par les parents pour s’occuper de leurs bébés, ainsi que des poubelles à couche en intégrant les codes de l’hygiène, de la fraîcheur, des formes organiques.

Poopoopidou permet ainsi de rendre l’utilisation de couches lavables aussi simple que celle de couches jetables en automatisant le prélavage des couches sales et leurs dépôts dans un bac à linge. Il suffit ensuite de récupérer le sac à couche et de le placer dans un lave-linge.

Diane Serant
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